Gestion durable de l’eau de pluie
Dans les jardins et les espaces verts.
L’eau : besoin vital se faisant une ressource de plus en plus rare pour nos jardins…
Comment la préserver tout en la mettant à profit de nos aménagements paysagers ruraux et urbains ?
Avis aux professionnels et aux particuliers, dans une démarche de développement durable, voici quelques informations et techniques vous permettant une meilleure gestion de l’eau de pluie et sa mise en valeur.
« L’eau de pluie est devenue un bien trop précieux pour ne profiter qu’à nos égouts »
1000 km3/ J d’eau s’évaporent des océans vers l’atmosphère. L’eau que l’on reçoit des précipitations suit trois chemins :
60% s’évaporent
15 % ruissellent vers les rivières, mers et océans
25% s’infiltrent et alimente des nappes et rivières souterraines
Les enjeux et débats de l’eau :
Nous n’allons pas revenir sur le changement climatique un fait acquis… La technologie nous a permis d’éviter les
pénuries, les contaminations ou autre mais il est probable que ces prochaines années nous subiront les effets de notre mode de vie pesant sur les diverses richesses naturelles notamment nos
ressources en eau.
En Europe, l’exemple des récentes canicules (2005 : été
meurtrier…) montre un changement dans la répartition des précipitations source de vie pour nos jardins et notre environnement faunistiques et floristiques. Alors que certaines régions étaient
touchées par la sécheresse, la même année d’autres étaient exposées à de violents orages et inondations fortes et prolongées. Inutile de vous rappeler
le cycle de l’eau: la suite sans fin d’un processus au cours duquel une molécule d’eau s’évapore des océans, se condense en nuages qui sont transportés par des courants atmosphériques et qui
déposent leur chargent sur les hauteurs sous forme de pluie. 15% de cette eau retombée chemine, via les fleuves et les rivières, jusqu’à la côte et rejoint les océans, 25% s’infiltre tandis que
60% s’évapore. Les conséquences du réchauffement sont ressenties différemment selon les régions. Il engendre un accroissement de l’évaporation des océans provoquant un gonflement de la masse
nuageuse et donc une hausse des précipitations sur certaines parties du globe. En parallèle, le réchauffement agit sur l’évaporation du sol dans d’autres régions comme au Dar fur avec la quasi
disparition du lac Tchad (autrefois un des plus grand au monde) ou au Moyen Orient où meurt la mer d’Aral.
A plus petite échelle, reconsidérons la répartition des précipitations du territoire français ; les régions favorisés et défavorisés. Partout, l’eau a façonné le relief de nos paysages, elle a tracé les rivières jusqu’aux océans passant par les plaines et forêts, bassins filtrants régénérant les nappes phréatiques et ainsi reproduisant un cycle vital. L’industrialisation, l’urbanisation, nos modes de vies ont perturbé ce cycle en accélérant le ruissellement et en diminuant les forêts (pouvoir tampon, stabilisation des sols) nous avons aménagé les espaces fluviales, dévié les zones d’écoulement, qui se retrouve en excès sur certains bassins versants … l’expansion des espaces urbains et des surfaces bétonnées s pose un problème avec un fort ruissellement à contrôler et un lessivage de polluants et des paysages aux sols tellement secs que l’eau ne s’infiltre pas, stagne provoque des inondations comme dans le Gard ou l’Héraut en 2005. Avec la loi sur l’eau de janvier 1992, il faut participer à la préservation de la qualité de l’eau, des écosystèmes aquatiques, des sites et des zones humides, ainsi qu’au développement des ressources en eau. Il faut concilier les besoins en eau dans les différents domaines d’activités tout en favorisant le renouvellement du cycle de l’eau. Dans les régions où les précipitations sont fréquentes, il faut prendre en compte une gestion raisonnée de l’assainissement en milieu urbain en intégrant des systèmes d’assainissement et de filtration naturelle, et éviter la saturation du réseau en créant des zones de rétention supplémentaire. Dans les réseaux agricoles, mieux tenir compte du relief et des espaces naturels pour ne pas désacralisés le paysage et préserver les zones humides… Les zones humides sont des espaces de transition entre la terre et l’eau et font parties des milieux les plus riches du monde en raison de leur richesse biologique et de leur fonctions naturelles.
Les relations de l’eau avec les plantes
L’écosystème d’un aménagement paysager peut favoriser :
_L’infiltration des eaux de surface en profondeur grâce à une augmentation des surfaces perméable dut à la
végétalisation du sol par la suite l’aération de celui-ci favorisant les échanges physico-chimiques et la captation des éléments minéraux.
_ Une rétention d’eau grâce à la force de succion des plantes qui retient les eaux gravitaires selon le relief d’où une diminution du ruissellement
_ on observe la réduction de la température de La lithosphère dut à l’absorption de l’énergie solaire par les feuilles pour faire la photosynthèse, ce qui n’est pas négligeable en considérant les
surfaces boisées de la planèteeau rejeté par évapo transpiration refroidit l’air.
_ Par ailleurs l’eau présente dans un milieu favorise le développement des végétaux, l’augmentation du couvert végétal ainsi que l’expansion des surfaces
ombragées, ce qui à petite échelle favorise les microclimats et agit sur l’évaporation solaire des sols.
La chaîne du ruissellement des pluies d’orages
Tout ça pour vous montrer à quel moment intervient notre rôle de paysagiste de jardiniers, comment concevoir un aménagement en fonction du milieu géo-climatique dans lequel vous vous trouver pour une meilleure gestion de l’eau?
Il est possible de comprendre comment adapter un aménagement à sa
situation en observant la chaîne des pluies et en intervenant sur les surfaces de ruissellement qui compose le cycle de l’eau. On appelle chaîne des pluies le processus au cours duquel l’eau s’écoule plus ou moins vite selon la surface de sa chute avant de rejoindre la mer. Les raisons qui nous poussent à adapter nos aménagements à
la gestion de l’eau sont diverses. En ville, la prédominance des surfaces étanches empêchant l’eau de s’infiltrer dans le sol, les toitures, les routes, les trottoirs, les allées, les terrasses
de nos jardins sont autant de surfaces sur lesquelles l’eau ruisselle directement à sa chute.
Prenons l’exemple des réseaux de drainage et d’assainissement lorsque la pluie tombe sur ces surfaces, elle est directement dirigée et accumulée vers
les points d’assainissement. Ce ruissellement éloigne l’eau de son lieu de chute la regroupant vers des exutoires empêchant l’infiltration naturel de
l’eau dans le sol ce qui réduit le potentiel de remplissage des nappes phréatiques.
Pour tenir compte de cela, il faut organiser les aménagements en utilisant l’espace et les sols disponibles. Intervenir pour que sur chaque site l’écoulement de l’eau soit stocké et
filtré dans le sol de la surface concerné indépendamment du réseau d’assainissement globale. Il faut récréer des zones humides artificielles, des
écosystèmes à échelle réduite en gardant le concept de filtration.
Selon le milieu, de gauche à droite rural (A), semi rural (B), périurbain (C), urbain (D), le cycle de l’eau ne suit pas les mêmes voies. Il faut prendre ce facteur en compte avant de choisir un aménagement bien adapté.
En milieu rural, on peut utiliser les espaces libres présentant de grandes superficies pour favoriser le renouvellement des nappes, ainsi, nous participons à deux fonctions, purification naturel de l’eau peu coûteuses et à grandes échelles et développement des écosystèmes.
En milieu semi-rural ou périurbain vous pouvez chez vous participer à petite échelle à cette purification naturelle et à l’infiltration dans les sous-sols. Prenons par exemple les eaux pluviales rattachées au réseau d’assainissement provenant de l’écoulement des toits ou surfaces diverses situées en amont selon le relief de » votre terrain. vous pouvez détournez vos descentes d’eau en faisant passer l’écoulement des pluies d’orages par des séries d’aménagements (voir les techniques d’aménagement)que vous choisirez en fonction du relief du terrain et de la surface que vous comptez dédier à un aménagement. En mêlant esthétique et pratique, vous pouvez réduire de plus de 50% le volume d’eau récupéré par le réseau d’assainissement provenant de votre jardin. Un problème qui se pose en parallèle du réchauffement climatique avec l’amplification des orages, c’est l’élargissement des surfaces rattachées au réseau d’assainissement avec un volume d’eau à gérer en station d’épuration de plus en plus important.
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Noue
herbeuse dans un secteur résidentiel en Suède. Les carrés bétonnés peuvent accueillir des plantes filtrantes.


